La néphropathie diabétique — plus largement appelée maladie rénale chronique (MRC), équivalente à l'insuffisance rénale chronique — évolue longtemps sans symptôme. Son dépistage ne repose donc pas sur l'attente de signes cliniques, mais sur un contrôle biologique annuel systématique chez les patients à risque.

Chez qui dépister la maladie rénale chronique ?

Le dépistage annuel est recommandé en priorité chez 2 populations :

  • Le patient diabétique
  • Le patient hypertendu

  Ces deux terrains sont les deux premières causes de maladie rénale chronique, et leur association majore encore le risque — un patient à la fois diabétique et hypertendu ne doit jamais sortir du circuit de surveillance annuelle.

Comment faire le dépistage ?

Le dépistage repose sur deux examens biologiques simples, réalisables en routine :

1. Créatininémie et calcul du DFG

Le dosage de la créatininémie permet d'estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG), généralement selon la formule CKD-EPI.

2. Rapport albuminurie / créatininurie

Ce rapport, aussi appelé ACR, se mesure sur un simple échantillon urinaire — pas besoin de recueil des urines sur 24 heures.

On parle de maladie rénale chronique si :
DFG < 60 ml/min ou ACR > 30 mg/g.

  Un seul de ces deux critères suffit à poser le diagnostic — un DFG normal n'exclut donc pas une maladie rénale chronique si l'albuminurie est déjà pathologique, ce qui en fait souvent le signe le plus précoce.

Comment ralentir la progression ?

  Une fois le diagnostic posé, la prise en charge vise avant tout à ralentir l'évolution vers l'insuffisance rénale terminale.

  - Contrôle glycémique avec un iSGLT2 (gliflozine) : cette classe a démontré un effet néphroprotecteur — une méta-analyse parue dans The Lancet retrouve une réduction moyenne de 37 % du risque de progression de la maladie rénale chronique sous iSGLT2. Ils doivent être préscrits et maintenus même lorsque la glycémie est par ailleurs bien contrôlée.

  - Contrôle tensionnel avec un IEC ou un ARA2 : à dose maximale tolérée, y compris en l'absence d'hypertension avérée — c'est l'effet néphroprotecteur direct de la classe qui est recherché, pas seulement la baisse tensionnelle.

  - Restriction protéique : un apport de l'ordre de 0,8 à 1,2 g/kg/jour est généralement proposé — une restriction trop stricte expose à un risque de dénutrition sans bénéfice démontré supplémentaire.

  D'autres mesures générales complètent la prise en charge : arrêt du tabac, éviction des médicaments néphrotoxiques, objectif tensionnel strict, contrôle du LDL, mise à jour des vaccinations, et maintien d'une activité physique régulière.