Le diabète gestationnel se définit comme une hyperglycémie diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse.
Son dépistage ne se fait pas de façon systématique chez toutes les patientes en France : il repose sur des facteurs de risque bien précis.

Chez qui dépister le diabète gestationnel ?

  Les recommandations CNGOF/SFD ciblent le dépistage sur les patientes présentant au moins un des facteurs de risque suivants :

  • Âge maternel ≥ 35 ans
  • IMC ≥ 25 kg/m² avant la grossesse
  • Antécédent familial de diabète de type 2 au premier degré
  • Antécédent personnel de diabète gestationnel
  • Antécédent de macrosomie
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

En l'absence de tout facteur de risque, le dépistage systématique n'est pas recommandé.

Quand réaliser le dépistage ?

Au premier trimestre

  Une glycémie à jeun est demandée dès la première consultation prénatale chez toute patiente à risque.

Le rappel physiologique à garder en tête :
La glycémie baisse d'environ 20 % pendant la grossesse, ce qui explique des seuils diagnostiques différents de ceux utilisés en dehors de la grossesse.

Deux seuils à distinguer d'emblée :

  • Glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L : diabète gestationnel
  • Glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L, confirmée à deux reprises : il ne s'agit plus d'un diabète gestationnel mais d'un diabète de type 2 préexistant, méconnu jusque-là et découvert à l'occasion de la grossesse. Cette distinction change la prise en charge et le suivi après l'accouchement.

Entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée : HGPO

  Si le dépistage du premier trimestre est normal ou n'a pas été réalisé, le dépistage est repris entre 24 et 28 SA. Il associe une glycémie à jeun et une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO).

Le test HGPO consiste en une prise de sang à jeun, puis l'ingestion de 75 g de glucose dilué, avec deux prélèvements supplémentaires à 1 heure et à 2 heures.

Comment interpréter les résultats de l'HGPO ?

  Le diagnostic de diabète gestationnel est posé dès qu'une seule valeur parmi les trois est pathologique :

  • À jeun ≥ 0,92 g/L
  • À 1 heure (H1) ≥ 1,80 g/L
  • À 2 heures (H2) ≥ 1,53 g/L

Une seule valeur anormale sur les trois suffit à confirmer le diagnostic — il n'est pas nécessaire que les trois seuils soient dépassés.

Pourquoi ce dépistage compte ?

  Au-delà de la grossesse en cours, le diabète gestationnel est un marqueur de risque à long terme. Selon l'étude française Diagest 2, environ 18 % des femmes ayant présenté un diabète gestationnel développeront un diabète de type 2 dans les 6 années suivantes — ce qui justifie un suivi et dépistage du diabète en post-partum.

Prise en charge après un diagnostic positif :

  La prise en charge initiale repose sur les mesures hygiéno-diététiques. L'insuline est indiquée lorsque les glycémies restent au-dessus des objectifs après environ 10 jours de mesures hygiéno-diététiques bien conduites. Les objectifs généralement retenus sont :

  • HbA1c cible : 6,5 %
  • Glycémie à jeun : < 0,95 g/L
  • Glycémie post-prandiale à 2 heures : < 1,20 g/L