Conduite à tenir devant une fibrillation atriale
La fibrillation atriale est le trouble du rythme le plus fréquent en pratique courante. Sa prise en charge repose sur trois décisions successives : la reconnaître, en chercher la cause, puis choisir entre rétablir le rythme sinusal ou simplement ralentir la fréquence.
Comment repérer une fibrillation atriale ?
À l'examen clinique
- Palpitations
- Arythmie du pouls
- Arythmie à l'auscultation
À l'ECG
Le diagnostic est électrocardiographique :
Les deux signes à reconnaître :
Un rythme irrégulier associé à une absence d'ondes
P, remplacées par une trémulation de la ligne de base.
Quel bilan étiologique demander ?
Une fibrillation atriale nouvellement découverte impose de rechercher une cause ou un facteur favorisant :
- NFS — anémie ?
- TSH — hyperthyroïdie ?
- Ionogramme — hypokaliémie ?
- Échocardiographie — valvulopathie ?
- Recherche d'HTA ou de cardiopathie ischémique
- BPCO, syndrome d'apnée du sommeil
Identifier une cause curable change la stratégie : une FA sur hyperthyroïdie ou hypokaliémie peut se réduire spontanément une fois le facteur corrigé.
Premier temps du traitement : l'anticoagulation
La décision d'anticoaguler est indépendante du choix rythme/fréquence et se prend en premier, selon le risque embolique évalué par le score CHA₂DS₂-VA. Le traitement repose sur un anticoagulant oral direct (AOD) ou, selon les situations, un AVK.
À noter : depuis les recommandations ESC 2024, le score CHA₂DS₂-VASc a laissé place au CHA₂DS₂-VA — le sexe féminin n'est plus compté comme facteur de risque indépendant.
Deuxième temps : rétablir ou ralentir ?
Rétablir le rythme sinusal
Par un antiarythmique — l'amiodarone par voie intraveineuse — et, en cas d'échec, par cardioversion.
Ralentir la fréquence cardiaque
Par un bradycardisant : bêtabloquant ou digoxine.
Le ralentissement est privilégié lorsque la FA est récidivante ou que l'étiologie est incurable — inutile de rétablir un rythme qui se dégradera à nouveau.
Le cas qui ne se discute pas : la FA mal tolérée
Urgence :
Devant une FA mal tolérée sur le plan hémodynamique —
dyspnée, angor, syncope, hypotension — il s'agit d'une
urgence imposant une cardioversion immédiate, sans attendre
le bilan étiologique.
Cet article résume la démarche générale ; le choix de la stratégie et des molécules reste individuel et doit se discuter avec le cardiologue selon le terrain.
Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez Cardiologie pratique pour médecins généralistes: Un guide pratique pour comprendre rapidement les stratégies thérapeutiques des principales pathologies cardiovasculaires. Disponible sur Amazon.
Explorer d'autres spécialités:
